Devenir éducateur spécialisé est un choix tourné vers l’accompagnement humain. Cette profession exige une préparation académique et technique rigoureuse pour soutenir des publics en difficulté. Le secteur recrute massivement, mais l’accès au Diplôme d’État d’Éducateur Spécialisé (DEES) suit un parcours structuré sur trois ans. Du dossier Parcoursup aux stages de terrain, voici les points essentiels pour réussir votre entrée dans cette carrière.
Le Diplôme d’État d’Éducateur Spécialisé (DEES) : socle de la formation
Le DEES est le passage obligé pour exercer cette profession réglementée. Depuis 2018, ce diplôme est reconnu au grade licence (Bac+3), ce qui facilite la poursuite d’études universitaires ou les mobilités internationales. Le cursus combine connaissances théoriques et immersion professionnelle.
Une organisation entre théorie et pratique
La formation dure trois ans et se divise en quatre domaines de compétences. Ces piliers structurent l’apprentissage de l’étudiant :
Le DC 1 porte sur l’accompagnement social et éducatif spécialisé, cœur du métier. Le DC 2 concerne la conception et la conduite de projets éducatifs. Le DC 3 traite de la communication professionnelle et du travail en équipe pluridisciplinaire. Enfin, le DC 4 aborde l’implication dans les dynamiques partenariales et institutionnelles.
La pratique occupe une place centrale avec 1 450 heures de formation théorique et 2 100 heures de stages. Cette immersion permet de se confronter aux réalités du terrain, qu’il s’agisse du handicap, de la protection de l’enfance ou de la réinsertion sociale.
L’alternance : une voie vers l’emploi
De nombreux instituts de formation (IRTS) proposent le DEES par la voie de l’apprentissage ou du contrat de professionnalisation. Cette modalité offre deux avantages : la gratuité de la formation, prise en charge par l’employeur, et une rémunération mensuelle. C’est un moyen efficace d’acquérir une expérience solide tout en étant intégré dans une structure médico-sociale.
Comment intégrer une école d’éducateur spécialisé ?
L’entrée en formation est sélective. Elle repose sur une évaluation globale du profil du candidat, de sa maturité et de sa compréhension des enjeux sociaux.

La procédure Parcoursup et les critères de sélection
Pour les bacheliers et les étudiants en réorientation, l’inscription s’effectue via Parcoursup. La commission d’examen s’appuie sur plusieurs éléments :
La qualité du projet de formation motivé est déterminante. Les expériences bénévoles ou professionnelles dans le secteur social, médico-social ou de l’animation (BAFA, service civique) sont valorisées. Les résultats scolaires, notamment en sciences humaines et sociales, sont également examinés.
Les candidats retenus passent un entretien oral. Cet échange évalue la capacité d’analyse, l’ouverture d’esprit et la résistance émotionnelle. L’objectif est de vérifier l’adéquation entre les valeurs du candidat et l’éthique du métier.
Les prérequis et profils recherchés
Si aucun baccalauréat n’est imposé, les profils issus de filières générales ou du bac ST2S sont fréquents. La diversité des parcours est un atout. Les jurys apprécient les candidats capables de réfléchir sur leur propre trajectoire. Cette capacité d’analyse est un indicateur de la future posture professionnelle, car l’éducateur doit savoir prendre du recul sur ses émotions pour agir avec justesse.
Pour les personnes en reconversion, l’accès peut se faire hors Parcoursup via des épreuves de sélection directe, souvent après une Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) ou un financement via le compte personnel de formation (CPF).
Contenu pédagogique : le programme
Les études d’éducateur spécialisé couvrent un spectre large pour permettre au professionnel d’agir dans des contextes juridiques et administratifs complexes.
Les enseignements théoriques majeurs
Durant les trois ans, les étudiants suivent des cours magistraux et des travaux dirigés sur des thématiques variées :
Les sciences humaines abordent la psychologie du développement, la sociologie de la famille et l’anthropologie. Le droit et les institutions couvrent la protection de l’enfance, les politiques sociales et le droit du travail. La pédagogie inclut les techniques d’animation et la gestion de groupe. Enfin, le volet santé traite de la psychiatrie et de la connaissance des handicaps.
L’importance des stages cliniques
Les stages sont répartis sur les trois années. Le premier stage est une découverte, tandis que le dernier est celui où l’étudiant prend des responsabilités de projet. Ces périodes permettent de découvrir différents secteurs :
Le milieu ouvert inclut l’AEMO et la prévention spécialisée. L’internat concerne les MECS et les foyers de l’enfance. Le médico-social regroupe les IME et les ESAT pour les adultes en situation de handicap.
Débouchés et réalités du marché de l’emploi
Le secteur social est en tension. Choisir ces études garantit une insertion rapide. Selon les statistiques, 94 % des diplômés trouvent un emploi dans les six mois suivant l’obtention du DEES.
Où travaille un éducateur spécialisé ?
Les employeurs sont variés. Le secteur public (collectivités, fonction publique hospitalière) et le secteur associatif (loi 1901), qui gère la majorité des établissements sociaux en France, sont les principaux recruteurs. Les structures types incluent les centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), les instituts thérapeutiques éducatifs et pédagogiques (ITEP) ou les services d’aide aux victimes.
Évolution de carrière et poursuite d’études
Grâce au grade licence, l’éducateur peut évoluer vers des fonctions d’encadrement en préparant le CAFERUIS pour devenir chef de service. Il peut aussi s’orienter vers la direction d’établissement (CAFDES) ou se spécialiser via des masters en ingénierie sociale ou en sciences de l’éducation.
Le salaire d’un débutant oscille entre 1 600 € et 1 800 € brut par mois, selon les conventions collectives et les primes liées aux contraintes horaires.
Qualités requises : au-delà du diplôme
La formation apporte les outils, mais certaines qualités sont indispensables. L’empathie doit s’accompagner d’une grande stabilité émotionnelle. L’éducateur est confronté à la souffrance et à l’échec ; il doit savoir prendre du recul pour rester efficace.
Le sens du travail en équipe est crucial. L’éducateur collabore avec des psychologues, des assistants sociaux, des magistrats et des infirmiers. Enfin, une excellente capacité rédactionnelle est nécessaire, car le quotidien est rythmé par la rédaction de rapports éducatifs et de bilans qui ont un impact direct sur la vie des usagers.




