déclaration sur l honneur de non condamnation signée sur un bureau

Déclaration sur l’honneur de non-condamnation : 4 500 € d’amende et 6 mois de prison en cas d’erreur

Lors de la création d’une entreprise ou de la nomination d’un nouveau dirigeant, la déclaration sur l’honneur de non-condamnation est une pièce maîtresse du dossier d’immatriculation. Bien qu’elle puisse paraître comme une simple formalité administrative, ce document engage la responsabilité pénale de son signataire. Elle atteste que le futur gestionnaire jouit de ses droits civils et n’est frappé d’aucune interdiction d’exercer une activité commerciale.

Pourquoi ce document est-il indispensable pour votre entreprise ?

La déclaration de non-condamnation répond à une exigence de transparence et de sécurité juridique. Le législateur s’assure ainsi que les personnes aux commandes d’entités économiques possèdent une probité irréprochable. Sans ce document, le Greffe du Tribunal de Commerce refuse systématiquement l’immatriculation de la société au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS).

Une obligation légale stricte

L’obligation de fournir cette attestation découle de l’article L. 123-5 du Code de commerce. Elle concerne tous les dirigeants de personnes morales, comme les gérants de SARL, les présidents de SAS ou les directeurs généraux, ainsi que les entrepreneurs individuels. Ce document confirme l’absence de condamnations pénales, de sanctions civiles ou administratives d’interdiction de gérer, d’administrer ou de diriger une entreprise.

Le rôle du Greffe et du casier judiciaire

Si vous déclarez sur l’honneur ne pas avoir été condamné, le greffier effectue une vérification a posteriori. Il demande un extrait du casier judiciaire, bulletin n°2, pour confirmer la véracité de vos propos. Si une contradiction apparaît, le dossier est bloqué et des poursuites peuvent être engagées. Cette procédure garantit que chaque acteur économique opère sur une base de confiance mutuelle avec ses partenaires et l’État.

Les mentions obligatoires : ne rien oublier dans votre modèle

Pour être valide, votre déclaration doit comporter des informations précises. Une omission entraîne le rejet du dossier par le Guichet Unique ou le Greffe, ce qui retarde le lancement de votre activité.

L’identité complète et la filiation

Au-delà de votre nom, prénom, date et lieu de naissance, la filiation est une mention indispensable. Vous devez indiquer le nom et le prénom de votre père ainsi que le nom de jeune fille et le prénom de votre mère. Cette précision permet à l’administration d’éviter toute homonymie lors de la consultation du casier judiciaire national.

La formulation de l’absence de condamnation

Le corps du texte doit être explicite. Vous devez affirmer n’avoir fait l’objet d’aucune condamnation pénale ni de sanction civile ou administrative vous interdisant d’exercer une activité commerciale, de diriger, d’administrer ou de gérer une personne morale. Utilisez les termes exacts prévus par la réglementation pour garantir la conformité du document.

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Élément requis Détails à fournir Importance
État civil Nom, prénoms, date et lieu de naissance Identification unique
Filiation Noms et prénoms des deux parents Levée d’homonymie
Déclaration de non-condamnation Phrase type sur l’absence d’interdiction Engagement juridique
Signature Manuscrite ou électronique qualifiée Authentification

Modèle de déclaration sur l’honneur de non-condamnation à copier

Voici une structure conforme que vous pouvez adapter à votre situation. Veillez à remplir scrupuleusement les champs entre crochets.

Je soussigné(e) [Prénom] [Nom], né(e) le [Date de naissance] à [Lieu de naissance], fils/fille de [Prénom et Nom du père] et de [Prénom et Nom de la mère], demeurant au [Adresse complète].

Déclare sur l’honneur, conformément aux dispositions de l’article L. 123-5 du Code de commerce, n’avoir fait l’objet d’aucune condamnation pénale, ni de sanction civile ou administrative d’interdiction de gérer, d’administrer, de diriger une personne morale ou d’exercer une activité commerciale.

Fait à [Ville], le [Date du jour].

Signature :

Le cas particulier du liquidateur

Lors d’une fermeture d’entreprise, le liquidateur nommé doit également fournir cette attestation. Bien que la société soit en fin de vie, la responsabilité du liquidateur est réelle : il gère des actifs et désintéresse des créanciers. Les exigences de moralité sont identiques à celles d’un dirigeant en phase de création.

Risques et sanctions : pourquoi la sincérité est votre seule option

Mentir sur une déclaration sur l’honneur est un délit pénal. Les conséquences sont lourdes pour l’entrepreneur et pour la pérennité de son projet.

Les sanctions pénales encourues

Toute fausse déclaration faite de mauvaise foi est punie par la loi. Selon le Code pénal, l’usage d’un faux ou une déclaration mensongère peut entraîner une peine allant jusqu’à 6 mois d’emprisonnement et une amende de 4 500 €.

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Les conséquences sur l’immatriculation

Si le Greffe découvre une interdiction de gérer après l’immatriculation, il peut procéder à une radiation d’office de la société. De plus, tous les actes accomplis par le dirigeant frappé d’interdiction peuvent être remis en cause, créant une insécurité juridique majeure pour les clients et les investisseurs. Vérifiez votre situation avant de signer, surtout en cas de doute sur une ancienne condamnation.

Comment régulariser une situation complexe ?

Si vous avez fait l’objet d’une condamnation par le passé, vérifiez si celle-ci comportait une interdiction de gérer et pour quelle durée. Dans certains cas, une demande de relèvement d’interdiction peut être déposée auprès du tribunal qui a prononcé la sentence. Ne signez jamais l’attestation tant que l’interdiction est active, car le système de croisement des fichiers entre le ministère de la Justice et les tribunaux de commerce est performant.

Dépôt et validité du document

La gestion administrative de ce document soulève des questions pratiques sur sa durée de vie et son mode de transmission.

Quelle est la durée de validité de l’attestation ?

La déclaration sur l’honneur de non-condamnation est un document ponctuel lié à une formalité précise, comme une nomination ou une création. Elle doit être datée de moins de trois mois au moment de son dépôt au Greffe. Si la procédure d’immatriculation traîne, il est nécessaire d’en signer une nouvelle.

Signature manuscrite ou électronique ?

Avec la généralisation du Guichet Unique, la signature électronique est devenue la norme. Pour être valable, elle doit être qualifiée, c’est-à-dire reposer sur un certificat d’identité vérifié. Si vous optez pour un dépôt papier ou un scan, la signature manuscrite reste parfaitement légale.

Doit-on joindre un justificatif d’identité ?

Oui, la déclaration de non-condamnation est indissociable d’une copie de votre pièce d’identité. Le Greffe vérifie la cohérence entre les informations saisies sur l’attestation et les documents officiels. Toute divergence, même une faute de frappe sur un prénom, peut bloquer votre dossier.

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